Le Chant des Etoiles

02 mars 2017

Trois ouvrages de ma bibliothèque

Aujourd'hui, je vais vous présenter trois ouvrages. Les deux premiers sont à lire tranquillement au coin du feu, alors que le dernier est plutôt à consulter "sur le terrain".

Histoire de l'Astronomie - Des origines à nos jours
Christian Nitschelm
Nouveau Monde Editions
ISBN: 2365838405
330 pages, 2013

Ayant gardé un souvenir ému de l'Astrononomie (sous la direction de Philippe de la Cotardière) que mes grands-parents m'avaient offerts pour ma communion, ouvrage tant complet que complexe, j'avais très envie de me procurer un livre résumant l'histoire de l'astronomie depuis les temps les plus reculés. Je me suis donc décidé pour celui-ci. Dès les premières pages, on s'aperçoit que l'auteur a des connaissances poussées en astronomie/astrophysique : il est très difficile pour le lecteur de comprendre l'ensemble des notions évoquées. De plus, le souffle épique qui aurait pu faire chavirer mon coeur est totalement absent. Notons que de nombreuses pages sont consacrées à l'époque contemporaine (avec l'essor de la radioastronomie et de l'astronautique), ce qui peut compléter l'ouvrage de mes onze ans. Sans être totalement déçu, je suis resté sur ma faim.

Vous trouverez le sommaire de l'ouvrage à cet endroit : http://www.astrosurf.com/nitschelm/histoire.html 

 

Lumières du Ciel Profond
Leïla Haddad (dir.)
Seuil
ISBN: 2020916770
200 pages, 2008

J'ai reçu ce beau livre à Noël 2015. Je viens d'en terminer la lecture et je dois avouer que j'ai adoré. La première partie traite de l'histoire de l'astronomie tandis que la seconde nous explique les bases de l'astronomie et le matériel à la disposition de l'amateur. Cette mise en bouche n'est que le prologue à un dernier chapitre vraiment digne d'intérêt. Les auteurs nous y présentent, pour chaque saison, soixante objets incontournables du ciel profond. Cette approche d'apparence classique est surtout l'occasion de nous fournir des informations scientifiques et des aides à l'observation (comment retrouver facilement l'objet, quel grossissement utiliser, que peut-on voir avec quel type d'appareil - les jumelles n'étant pas oubliées, loin de là) de premier ordre. Ce dernier chapitre est un réel coup de coeur. Qui plus est, les photos sont magnifiques. Le livre ne coûte quasiment rien. Jetez-vous dessus !

 

J'observe le ciel profond : avec une lunette de 60 mm ou un télescope de 115 mm
Jean-Raphaël Gilis
Broquet
ISBN: 2890005968
368 pages, 2003

Ce livre m'a sauvé bien des nuits. Son principal intéret est de nous présenter, objet par objet, ce qu'un astronome amateur peut voir "réellement" dans son jardin, l'oeil rivé à l'oculaire. Une photographie, qui plus est prise par un téléscope de très gros diamètre, rendant rarement compte de l'expérience visuelle que l'on peut vivre "au quotidien"*, les dessins de l'auteur nous donnent une bonne idée de l'apparence que prendra un amas ou une nébuleuse. Les quelques 200 objets sont classés par saisons, puis par intérêt et facilité d'accès. Le livre est dédiés aux lunettes et petits télescopes, mais rien n'empêche de l'utiliser avec de plus gros diamètres. La combinaison Starwatch / J'observe le Ciel Profond constitue une formidable solution pour tous ceux qui ont des doutes sur l'identité de l'objet qu'ils sont en train d'admirer. Merci mamie pour ce joli cadeau !

 Pour davantage d'informations : http://60mm.free.fr/fr/deep_sky_observing.php

* A cet égard, je vous invite à relire le présent article : http://astro49.canalblog.com/archives/2013/08/31/27927532.html

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23 août 2016

Soirée du 22 août 2016 - comme un film en basse définition

Etant en vacances, je me devais de profiter de chaque occasion pour sortir mon télescope. Une seule crainte étreignait mon âme : devoir assister impuissant au spectacle affligeant de mes optiques complètement déréglées suite à une incompétence notoire en mécanique.

Rassemblant tout mon courage, j’élaborai rapidement mon plan de vol, décidant sans hésitation de concentrer mes efforts sur la même région que celle qui m’avait dévoilé tant de ses secrets la fois d’avant. Direction plein sud donc, les yeux levés à la rencontre d’Ophiucus, le Serpentaire, avant d’achever la soirée avec l’Ecu de Sobieski.

Une fois encore rageant de toute cette pollution lumineuse livrée, telle une indécente trainée à nos yeux chastes, je me résolus à malmener la plus proche source de lumière, espérant que cet acte d’intimidation soit suffisant pour que ces sentinelles implacables cessent enfin leur tâche ingrate et, qu’enfin, puisse mon univers se draper d’un voile de ténèbres que nulle clarté ne viendra percer.

Las, mes imprécations resteront murmures inintelligibles. Les onze coups de vingt-trois heures se mirent enfin à retentir et, comme par magie, les astres, enfin débarrassés de leur voile diaphane pour se parer d’atours plus agréables à l’œil de lu poète, s’allumèrent tous ensemble.

Cette région sud, encombrée d’un paysage grotesque, me valut bien des difficultés. Mon orientation s’avéra hésitante, à tel point que peu de joyaux s’offrir à mes yeux avides.

Je tombai, un peu par hasard, sur deux de mes nouvelles amies, M8 et M20. De là, je pus enfin tracer des points de repère dans cette vaste étendue. Je découvris ce que je pense être M22, un amas globulaire incontournable de par ses dimensions.

Mon chemin me mena vers un groupe d’étoiles dont la présence n’était indubitablement pas fortuite. Il s’agissait en effet de IC4665, amas ouvert situé dans le Serpentaire et composé d’étoiles brillantes disposées de façon géométrique, telles un réseau de rues new yorkaises, le bruit en moins.

Mon périple se termina avec M14, qui apparaissait bien petite, même au 17mm que je montai dans le porte-oculaires pour l’occasion, puis M12 et M10, ce dernier étant proche d’une étoile brillante permettant de ne pas la confondre avec sa voisine. Ces trois amas globulaires se trouvent dans le Serpentaire.

Notons que toutes ces visites ne m'ont pas laissé un souvenir impérissable, à part peut-être celle rendue à M22, les images manquant de piqué. (Note: une petite vérification m'a plus tard permis d'apprendre que M14 a besoin d'un téléscope équipé d'un miroir de 300mm pour commencer à se révéler. Mon matériel n'est donc pas forcément en cause.)

J’ai enfin tenté de pointer NGC6309, la Nébuleuse de la Boite, mais celle-ci s’est avérée un peu trop basse, noyée dans un enchevêtrement de végétation sauvage.

La soirée s’acheva dans l’aveuglante lumière d’une Lune qui, se reflétant impitoyablement sur chacun des murs, couvrit avec dédain la lente parade des étoiles de son orgueilleux éclat usurpé.

A l’oculaire je vis, et cela explique peut-être le faible rendu des scénettes de cette nuit, que l’image dansait telle une bohémienne devant Notre Dame. La chaleur de la journée et surtout le vent qui s’engouffrait graduellement dans le tube tel une infection dans une plaie propre en sont certainement la cause Je l’espère en tout cas, peu désireux d’avoir à admettre mon échec dans le réglage de mon appareillage. Le terminateur proposait un spectacle qui, s’il n’était pas à couper le souffle, me permis de clore la soirée agréablement.

Le lendemain, à midi, la Lune gibbeuse était encore visible dans le ciel mais ne tarderait pas à s’éteindre, vaincu par la majesté du soleil invincible.

IC4665

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08 août 2016

soirée du 6 août 2016 - une bien belle moisson

 Un ciel sans un nuage, une douce température, pas un souffle de vent. Le temps était idéal pour se lancer dans une soirée d’astronomie, après de longs mois sans avoir pu se prêter à cette activité nocturne.

Rapidement je décidai de me concentrer sur la région réunissant le Scorpion et le Sagittaire, au sein de laquelle il me restait tant d’objets à découvrir. Située au sud, elle me promettait un exercice assez difficile, mon horizon étant bouché presque complètement dans cette direction, la faute aux maisons voisines et à un immense arbre, dont le nom m’importe peu. Avec l’aide de Stellarium, je m’aperçus que je n’aurai que peu de temps à ma disposition et qu’il me faudrait donc agir avec efficacité pour espérer pouvoir apercevoir ces constellations basses sur l’horizon.

J’attendais avec impatience l’extinction des nombreuses et aveuglantes lumières parasites, soit 23h00, et en profitais pour diriger mon tube vers deux points brillants que je savais être Mars et Saturne. Sises à proximité d’Antarès, les deux planètes me permettraient de vérifier le bon réglage de mon chercheur. J’attaquais directement au 4,7mm. Mars m’apparut tel un globe orangé mal défini. J’attribuai la pauvreté du résultat à un télescope pas encore tout à fait à température, mais le spectacle qui s’ensuivit mis à mal ce préjugé. Saturne, en effet, m’apparut dans toute sa splendeur : la division de Cassini se détachait nettement tandis que les bandes équatoriales se révélaient sans pudeur. Il s’agit sans aucun doute de la plus belle vue qui m’ait été offerte.

Une fois les lampadaires éteints, je pus enfin me mettre à la recherche des objets que je m’étais promis d’observer. Mais la présence des habitations amputait largement les constellations du Scorpion et du Sagittaire, rendant compliqué tout repérage efficace.

Un peu dégouté (car conscient que, depuis chez moi, je ne pourrai jamais accéder à tous les objets du catalogue Messier) et prêt à tout remballer, je décidai néanmoins de coller mon œil à l’oculaire et de voyager un peu au hasard autour d’un groupe d’étoiles brillantes dont l’appartenance m’était incertaine. Je tombai rapidement sur une tache floue mais bien visible, elle-même à proximité d’une autre nébulosité. Mon Reisenatlas ne me donnait pas une réponse catégorique, surtout dans cette région peuplée de multiples objets en tout genre (je pensais alors être confronté à M7). Navigant un peu à l’aveuglette pour tenter de découvrir un signe qui me permettrait de me repérer, mon regard s’arrêta sur une forme caractéristique. « Un cygne », m’écriai-je. Un petit détour par l’Ipad me confirma que la Nébuleuse du Cygne, un des surnoms donné à la Nébuleuse Omega, s’ébrouait dans cette partie du ciel et semblait comme absorbée par un diamant posé devant elle.

Sachant désormais où je me trouvais, mon salut vint, et ce n’est pas la première fois, du J'observe le Ciel Profond dont j’ai déjà fait allusion dans ce blog. Un rapide coup d’œil sur l’apparence des objets à proximité me confirmera que les nébulosités aperçues peu avant consistaient en M20 et M8. Je pus enfin me repérer.

Il me fallait cependant faire vite, car la Terre tournait et, petit à petit, mais inéluctablement, les étoiles « descendaient » sur l’horizon et se trouvaient rapidement cachées par ma haie.

Un sprint débuta alors, qui consistait à observer tous les Messiers de la zone. Je mis un point d’honneur à m’assurer de l’identité de l’objet avant de passer au suivant. M8, M20, M21… il suffisait de remonter lentement le tube pour poursuivre la ballade. M28 et M22 me prirent un peu plus de temps pour valider leur identité. A l’oculaire, M17 et M18 étaient très proches, ainsi que M24 qui apparaissait comme une masse sombre, ce qui facilitait ce jeu de saute-étoiles auquel je m’adonnais. M23 et M25, de chaque côté, finirent de remplir mon carnet de chasse, dont l’ultime proie sera M16, nébuleuse de l’Aigle qui, à l’oculaire, ressemblait à une petite souris perchée sur son nez avec une queue faisant penser à celle de la Constellation du Lion.

Pour parfaire mon éducation, puisque ces objets sont censés être visibles et intéressants à travers des jumelles, je me munis de ma paire de 12x50. Malheureusement, celle-ci ne me donnent plus autant satisfaction qu’auparavant, le ciel semblant bien terne au travers. Je la remisai donc par devers moi, après avoir observé M20. 

Mon voyage aura duré deux heures, de 23h00 à 1h00, et ne fut perturbé que par la mélodie d’un moustique qui m’obligea à me frotter le visage avec des feuilles de citronnelle et par le vol d’une chauve-souris qui, j’espère, a fait de l’insecte importun son repas. Et aussi, et surtout, par le passage de nombreuses voitures qui n’avaient même pas la délicatesse de rouler feux éteints. Cette moisson obtenue derrière mon 30mm (mon unique compagnon cette nuit-là) fut de tout premier ordre avec non moins de onze nouveaux objets observés (en deux heures), même si Je n’ai pas pu m’y attarder, le but étant de tous les dénicher. Si l’occasion s’y prête, j’aimerai y retourner, muni d’un filtre pour rehausser le contraste. Ces nébuleuses méritent vraiment le coup d’œil et j’y retournerai à l’occasion, maintenant que je connais l’heure à laquelle ces objets sont disponibles et dans quelle partie du ciel elles se nichent.

Il reste encore des trous dans ma liste, et ceux-ci risquent de perdurer pour peu que je ne veuille pas changer d’air. La maison de Joseph et son immense arbre me dissimuleront à jamais M6 et M7 (deux amas ouverts) et très probablement M54, M55, M69 et M70.

 

Le lendemain je décidai de me jeter à l’eau et de procéder à la collimation de mon miroir secondaire. Cela ne semblait pas si difficile que ça. Après deux tours de tournevis, je l’avais complètement déréglé. Je ne tardai pas à tout remettre en place et à desserrer l’étreinte qui pinçait mon primaire. J’espère ne pas avoir fait de bêtises en tout cas.

M17, la Nébuleuse Omega (dite du Cygne)

 

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28 septembre 2015

Une éclipse de lune pour cadeau ! - 28 septembre 2015

Pour l'anniversaire de ses enfants, Paul commanda à Dieu un cadeau un peu particulier : une éclipse de super-Lune.

Il était prévu que l'astre, particulièrement gros et brillant, adopterait une couleur rouge-orangée que ne renierait pas la planète Mars.

Le paquet devait être déballé, dans l'intimité, dans la nuit du 27 au 28 septembre.

Réveillé à quatre heures, j'enfilai une paire de chaussures et me munis d'un appareil photo. Le ciel était vraiment magnifique. Orion, les Pléiades et la Voie Lactée m'accueillirent dans toute leur splendeur.

Le spectacle était saisissant, comme le montre l'une des photos prises pour l'occasion. Nulle crainte à avoir cependant : cette lune de sang n'est en aucun cas annonciatrice de grandes catastrophes comme on pouvait le craindre il y a encore quelques siècles.

Je regrette ne pas avoir pu emmener Lorenzo, alité suite à son opération. Cette photo le fera patienter, j'espère, jusqu'à la prochaine éclipse de ce type, en 2033.

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19 juillet 2015

Soirée du 17 juillet 2015 - Des saucisses et des anneaux

Suite à mon intervention du 20 mars 2015 à l’école des Templiers d’Etriché, un petit Diego s’est montré vivement intéressé par l’astronomie.

Les grandes vacances, et le beau temps, s’installant, il était temps de l’inviter à la conquête des astres. Rendez-vous fût fixé au samedi 17 juillet.

Les soirs précédents nous avaient offert un ciel vierge de tout obstacle, mais le jour convenu n’était qu’un immense océan d’écume blanc et gris, ce qui laissait peu d’espoir à l’astronome en herbe.

Fort heureusement, un vent violent poussa chassa sans ménagement les méchants nuages. Entre une saucisse et une part de tarte chocolat-banane, le ciel s’offrit à nous.

Il était trop tard pour Vénus et Jupiter mais Saturne se révéla dans toute sa beauté, pour le bonheur des petits et des grands. Le pauvre Diego, pour une raison inconcevable, ne parvient à l’apercevoir qu’avec l’oculaire de 4.7mm. Mais il ne fut pas déçu. La planète aux anneaux lui laissera un souvenir indélébile. Je commence moi-même à apprécier cet oculaire. L'image était vraiment belle, laissant entrevoir une bande atmospherique.

Le télescope étant sorti, il fallait en profiter. Une fois les convives parties, je décidai de profiter de la position du télescope pour continuer mon exploration des zones à l’est du Scorpion. Finalement, seul l’amas ouvert M11, dans la constellation de l’Ecu de Sobieski, se fera piéger par mon instrument, de longues bandes nuages venant pernicieusement recouvrir le ciel d’un voile impénétrable.

Ainsi s’achèvera prématurément ma quête de M26 et de M103. Je pense être tombé sur l’objet convoité (M26 a une forme très caractéristique), mais je préfère m’en assurer avant de valider mon observation. Quel sérieux dans ma démarche scientifique !

Un petit mot tout de même sur M11. L’objet est surnommé Amas du Canard Sauvage. Il est relativement étendu, avec une étoile brillante en son centre. L’ensemble ressemblerait à un crapaud ceint d’un diamant, vu du dessus. Le retrouver ne pose pas de problème particulier.

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Un petit souvenir pour Diego

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11 juillet 2015

Soirée du 10 juillet 2015 - une soirée sans anémie

Cet été était marqué par la canicule, nous imposant des températures suffisamment élevées pour nous affranchir de tout vêtement supplémentaire.

Il y a quelques jours, je suis retourné sur le site du fabricant du laser de collimation de mes rêves et j’ai eu la mauvaise surprise de constater que son prix avait augmenté de 33%, passant à 150 euros. Le prix des lasers chinois m’a-t’on expliqué, a entrainé cette hausse. Je décidai donc de m’en passer : avec un peu de bonne volonté, je suis persuadé que je peux faire en sorte que mon cheshire me suffise.

Ce soir, mon télescope est de sorti. La zone visée sera principalement celle du Scorpion, et accessoirement le Serpent et le Sagittaire.

Un petit exercice de collimation et de réglage du chercheur sur Jupiter (pour changer) puis une petite ballade dans Etriché et sa campagne environnante - destinée à découvrir des terrains d’observation bien dégagés, ma ligne d’horizon étant bloquée tantôt par des maison tantôt par un gros arbre bien touffu - , suffiront à me faire patienter avant l’arrivée des chères étoiles.

Dans mon travail préparatoire, j’avais noté que le Scorpion serait bas sur l’horizon. Je fus (agréablement) surpris de le retrouver plus haut que prévu, reconnaissable à son étoile Antarès et aux quatre étoiles alignées  verticalement qui forment les pinces.

Je déplace mon télescope et pointe Antares. La géante m’accueille de son œil carmin. Je ne parviendrai pas à repérer son compagnon, mais j’avoue ne pas m’être attardé dessus, ni sur le cas de l’amas globulaire NGC6144 à proximité de l’étoile.

Je me lance à la recherche d’un autre amas globulaire, beaucoup plus connu et repérable, à savoir M4. Mon œil parvient rapidement à déceler une légère tache. Située entre Antares et Tau Scorpii, l’image me fait davantage penser aux galaxies que j’avais pu observer les fois précédentes. Le recours au 17mm puis au 8mm me permet de mieux apprécier le spectacle. Au 8mm, l’amas semble occuper quasiment tout le champ. Mes yeux semblent avoir du mal à faire la mise au point, mais l’impression est vraiment très bonne. L’image qui s’imprime sur ma rétine me fait penser à une photo en noir et blanc de la nébuleuse Trifide, d’ailleurs situées dans la constellation voisine du Sagittaire.

Vu la position du Scorpion, je peux d’ores et déjà oublier M6 et M7. Respectivement surnommés l’amas du papillon et l’amas de Ptolémée, ces deux objets sont considérés comme des gemmes du ciel profond. Leur position est telle que je ne pourrais pas les voir de chez moi. Il est par conséquent indubitable que ce n’est pas cette année que je pourrais achever l’observation de tous les objets du catalogue Messier.

Sans m’apitoyer sur mon sort, je continue mon exploration, en dirigeant le tube vers M80. Cet autre amas globulaire est légèrement moins aisé à situer, mais j’y parviens sans difficulté. Au 8mm, l’image est différente de celle de M4. L’amas, plus éloigné, est plus petit et compact. Je fais tester les différents grossissements à l’ami Trichouille qui vient d’arriver, et lui explique que s’il voit une tache laiteuse à faible grossissement, c’est tout simplement parce que celui-ci reste insuffisant pour bien résoudre les étoiles (c’est-à-dire séparer les étoiles pour parvenir à les distinguer les unes des autres). 

Il est maintenant temps de s’éloigner un peu. Le Sagittaire ne m’offrant que peu de points de repères, et étant peu enclin faire patienter mon invité qui a fait le trajet spécialement pour l’occasion, je décide que la prochaine cible serait M5. Il s’agit, encore et toujours, d’un amas globulaire. Situé dans la constellation du Serpent, un peu au milieu de nulle part, son repérage ne semble pas être une partie de plaisir. C’est avec une certaine nonchalance que je montre à mon auditoire comment viser un objet. Et paf ! Sous les hourras et les acclamations de mon public enivré par tant de maitrise, M5 apparait. L’image est très satisfaisante au 17mm. Mais contrairement à mon camarade, je préfère la vision que m’offre le 8mm. M5 est l’un des plus grand amas globulaire. Il me donne l’impression d’observer, du dessus et de très près, une belle galaxie spirale.

M’apercevant que tous ces objets ne retiennent que très peu l’attention du Mayennais, je pars à la recherche de Saturne. Le hasard fait bien les choses et la planète aux anneaux nous attend à droite des pinces du Scorpion. Afin de ménager un suspens pour le moins extravagant, je fais défiler toute ma panoplie d’oculaires, rapprochant insensiblement l’astre, jusqu’à obtenir, au 4.7mm, une vision superbe laissant entrevoir une belle boule jaune orangée ceinte d’un magnifique anneau. C’était la première fois que j’observais Saturne avec cet oculaire.

 Un aperçu de la jolie galaxie d’ « Andromèle » au télescope puis aux jumelles finira par clore cette soirée.

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M5, amas globulaire dans le Serpent

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06 juillet 2015

Les plus beaux rendez-vous astronomiques

C'est indirectement grâce au pique-nique Fouqueray que je suis tombé sur le lien ci-après, étant à la recherche d'un événement astronomique qui se serait déroulé ces derniers jours (il s'agissait de la conjonction entre Vénus et Jupiter).

Tous les mois, le renommé Guillaume Cannat, le poète des étoiles, nous gratifie de ses "plus beaux rendez-vous astronomiques". Que vous soyez, comme moi, abonné, ou pas, à sa lettre d'information, je vous recommande vivement de vous délecter des lignes qu'il nous gratifie, pour ne pas passer à côté d'un événement important :

http://autourduciel.blog.lemonde.fr/

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16 mai 2015

Soirée du 15 mai 2015 - le tiercé dans l’ordre

Les nuages s’étant soudainement retirés du ciel devenu bleu et adoptant une jolie teinte orangée, je décidai de préparer une soirée astronomie. L’objectif que je me fixai était la découverte du pôle céleste et une petite incursion autour de la Chevelure de Bérénice, qui m’avait donné du fil à retordre la dernière fois.

 Sans plus attendre, je pointai mon télescope sur Jupiter, histoire de régler au mieux le chercheur. J’en profitai également pour montrer le spectacle à ma femme qui en profita pour me demander si la présence des deux bandes centrales était normale. Un petit tour pour lui montrer une image trouvé dans un livre et la soirée pouvait commencer. 

 La première étape était Polaris, l’Etoile Polaire. Je ne suis pas amateur des étoiles doubles, mais cette observation ayant été préconisée par le Guide du Ciel Nocturne, je me devais de l’effectuer. Au moins pour la cocher sur mon fichier Excel recensant les objets à visiter.

Polaris est l’étoile la plus brillante de la constellation de la Petite Ourse. Comme chacun le sait, elle indique le nord céleste. On peut facilement la retrouver en prolongeant la ligne formée par les deux étoiles Merak et Dubhe qui constituent le bord de la Grande Casserole. 

Grâce à la précision du réglage de mon chercheur, je trouvai sans peine Polaris. Le 17mm me laissa voir un point assez gros, à côté duquel se tenait un plus petit. Ce joli petit couple, un père et son fils, disparait totalement lorsque l’on revient au 30mm, les deux étoiles étant visuellement trop proches.

Je profitai de l’occasion pour tenter d’apercevoir NGC188, l’un des amas ouverts les plus anciens de la Voie Lactée. Mais ne sachant pas trop ce que je cherchais au final, je passai à une autre cible plus évidente.

 Les prochaines étapes devaient être Mizar et Alcor, de la Grande Ourse et Cor Caroli, des Chiens de Chasse. Ces étoiles doubles ne pourront pas se dévoiler cette fois-ci. Situées au zénith, il m’est impossible d’en effectuer la recherche ou l’observation. Mon Dobson n’est pas conçu pour, comme je l’avais expliqué lors de l’une de mes premières sorties. 

M97, la nébuleuse (planétaire) du Hibou, et M108, une galaxie spirale, toutes deux situées dans la Grande Ourse ne pourront pas observées cette nuit, pour les mêmes raisons que celles évoquées plus haut. 

 Un peu dépité, il me restait alors à m’attaquer à la Chevelure de Bérénice. La constellation en elle-même n’est pas facile à distinguer, les trois étoiles la constituant brillant faiblement. La présence de Melotte 11, un très grand amas ouvert ne passe quant à elle pas inaperçu. Avec l’aide de Denebola du Lion, d’Arcturus du Bouvier et de la Grande Ourse, je parvins tout de même à me repérer, allongé sur ma terrasse en composite (que je n’apprécie jamais autant que quand je fais de l’astronomie).

Après beaucoup d’essai pour dénicher M98, M99 et M100, et grognant intérieurement de l’inutilité de mon Deep Sky Reiseatlas sur ce coup là, j’eus l’idée de consulter le Star Watch d’Harrington (présenté dans ce blog il y a quelques temps). Ce dernier sauva ma soirée. Son explication pour atteindre les trois objets qui se refusaient à mes yeux avides, à base de triangle et de losange est limpide (une fois que l’on a fait la gymnastique mentale induite par l’image inversée renvoyée par l’oculaire). Je pus ainsi, enfin, atteindre M98, M99 et M100 et m’offrais même le luxe de passer au 17mm sans perdre les galaxies de mon champ de vision.

M98 est facilement reconnaissable à sa forme en cigare. M99 et M100, plus large, apparaissent comme des taches dont le centre est plus brillant. La vision s’estompa trop rapidement, de la buée ayant très certianement du s’inviter à la fête.

La condensation qui se formait sur mes livres et mon télescope, ainsi que le froid qui commence à se faire plus insistant, me feront tout remballer.

 En rédigeant ce compte-rendu, je m’aperçois que j’aurais pu pousser jusqu’à M85, galaxie lenticulaire qui se trouve « au-dessus » de M100. Ce n’est que partie remise !

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14 avril 2015

13 mois de sommeil - sortie du mardi 14 avril 2015

Après de longs mois (13 au total) passé dans l’obscurité la plus totale, seul, confiné dans son sac de protection, attentif au moindre bruit, au moindre murmure annonciateur d’une future délivrance, l’Elu a enfin pu retrouver ses compagnes nocturnes.

Les raisons de cet isolement sont diverses (j’ai déjà évoqué mon problème d’alignement des optiques qui a provoqué chez moi un découragement visible, le poids et l’encombrement de l’appareil sont des points à ne pas négliger non plus, ainsi que l’obligation de se lever tôt le matin pour s’occuper des petits, et surtout l’aboutissement progressif de mes projets ludiques m’ont tenu à l’écart de la chose astronomique.

L’hiver a vu se succéder pluie et nuages, alors que le ciel est magnifique depuis quelques jours. Les enfants étant absents et l’un des jeux étant en précommande*, je me décide à sortir mon ami et à renouer le lien que j’avais brisé entre lui et ses maitresses les étoiles.

Mon plan de vol s’établit de la façon suivante : Hydre, Lion, Chevelure de Bérénice et Vierge.

Ma maison étant depuis peu dotée d’une terrasse plus large, je m’installe confortablement, ayant à ma disposition tout le nécessaire pour disposer mon matériel. La chaleur me saute au visage. La nuit s’annonce belle.

Je commence par une étoile très brillante, que je reconnaitrai plus tard comme étant Vénus. L’image est vraiment de piètre qualité, ce qui pourrait en dégouter plus d’un. Mon télescope venant d’être sorti, je me dis qu’il n’a pas eu le temps de se mettre à température, et je décide donc de persévérer.

Mes yeux se porteront ensuite sur M42, qui s’avère être toujours aussi magnifique et sur Jupiter. Je remarque que Jupiter, dans l’oculaire 4,7mm (les autres renvoient une image beaucoup trop brillante, à vous faire perdre la vision), est plus belle lorsque l’on s’éloigne un peu de l’oculaire. Les bandes équatoriales se détachent facilement tandis que les régions polaires sont bien visibles. J’aperçois Io et Europe à droite de la planète. Callisto est peut-être visible un peu plus loin, mais les reflets générés par l’oculaire (problème que j’avais déjà évoqué dans un billet précédent) rendent cette identification difficile. Ganymède, quant à elle, caresse le bord du disque de la planète géante.

Comme je l’ai indiqué plus haut, je m’étais promis de visiter certaines constellations, l’objectif étant de contempler des galaxies (je pense notamment aux groupes M84/M86 et M98/M99/M101. En traçant une ligne Arcturus du Bouvier et Denebola du Lion et en remontant la tête, j’aperçus un groupement d’étoiles et je pointais mon télescope dans cette direction. Je dois avouer que j’ai navigué à l’oculaire, apercevant des taches nébuleuses. Il ne fait aucun doute que j’étais parmi des galaxies. Je ne parvenais cependant pas à les identifier, malgré de longs efforts. C’est là que l’on apprécierait d’avoir un système de style Go-To ! Mais bon, faisons contre mauvaise fortune bon cœur : si je n’ai pas coché de galaxie en y ajoutant la mention « vue », la ballade fut fort plaisante.

Cette soirée m’aura surtout permis de réacquérir certains automatismes. Rapidement, je me suis rendu compte que les soirées ne s’improvisaient pas, surtout si l’on voulait s’émerveiller devant des objets que l’on n’avait pas encore observés jusqu’alors, et qu’un plan de route établi à l’avance est souvent primordial. Pour résumer : une soirée positive, qui en appelle beaucoup d’autres !

Le seul bémol reste, encore et toujours, ces satanés lampadaires qui m'éblouissent plus que soleil en été. Mais je me vengerai un jour, je me vengerai !!

* http://www.ludifolie.com/produit.php?ref=no-man-s-land-fr

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17 septembre 2014

Star Watch (2003)

swchbig

STAR WATCH The Amateur Astronomer's Guide to Finding, Observing, and Learning about Over 125 Celestial Objects
John Wiley & Sons, ISBN: 0471418048, 2003, 304pp

Je me devais de vous parler de cet ouvrage. Si le Guide du Ciel Nocturne m'avait enchanté, que dire de ce Star Watch? Publié en 2003 et composé de 10 chapitres, Star Watch est une mine d'informations pour l'astronome amateur que je suis, et son acquisition constitue l'une de mes plus brillantes idées.

Star Watch est fort bien écrit. On pourrait même parler d'une certaine poésie. Il est malheureusement en anglais, ce qui empêchera le français "moyen" d'apprécier pleinement la plume de Philip Harrington. Fort heureusement, l'on parvient tout de même à comprendre les propos de l'auteur, et c'est bien là le principal.

Le premier chapitre pose les bases de l'astronomie. Les suivants (2 à 5) étudient les astres vers lesquels vos yeux bientôt avertis se tourneront (Lune, planètes et astéroïdes, Soleil et objets du Ciel Profond). On y trouve à la fois des informations physiques et des conseils à l'observation (où regarder et ce qu'il y a à voir). Le texte est accompagné de deux indicateurs : un "Finding Factor" indiquant la difficulté à trouver l'objet, et un "Waow Factor" précisant l'intérêt de la cible tant aux jumelles qu'au télescope (70-130mm et 150-200mm). Le chapitre consacré à la Lune présente chacune des phases, qui sont autant d'occasions d'une visité guidée détaillée, avec la présentation des sites les plus intéressants.

Les chapitres 6 à 9 sont le pretexte à 26 ballades, classées par saisons et qui nous mèneront à la découverte des merveilles du ciel. Ces promenades peuvent être plus ou moins longues (seulement 1 objet pour Summer Sky 1 ou Winter Sky 6 tandis que Summer Sky 5 en propose pas moins de 16). Les objets y étant décrits sous forme de fiches, cette partie, qui constitue plus de la moitié du livre, ne se lit pas comme un roman, et est un peu plus aride. L'intérêt est plutôt de pouvoir la consulter en vue de la préparation de vos futures soirée, ou sur le terrain.

En appendice, le lecteur trouvera, entre autres, la liste des constellations, l'emplacement des planètes, le Catalogue Messier avec les coordonnées et les caractéristiques des objets et une bibliographie (en anglais bien évidemment).

Notons pour finir que les différentes tables qui parsèment l'ouvrage ne concernent malheureusement que la période 2003-2015. C'est dommage, mais le livre ayant été édité en 2003 l'auteur n'y peut pas grand chose.

On aurait peut-être aimé une photo ou un dessin pour chaque objet. A cet égard, l'achat complémentaire de J'observe le Ciel Profond, de Jean-Raphaël Gilis, et dont il sera quetion dans un prochain billet, permet d'accéder à une combinaison d'outils très performante.

En conclusion, Star Watch est un fabuleux ouvrage, parfait pour l'astronome ammateur, quel que soit son équipement. Je le conseille vivement à quiconque parle cette langue bizarre qu'est l'anglais. Tendez votre jolie petite mimine à monsieur Harrington et laissez-vous guider.

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