Tout commence la veille où, sur les coups d'une heure du matin, je jette un coup d’œil dehors, en direction de l'est et m'aperçois que la Constellation d'Orion est en train de poindre à l'horizon, tel un chasseur à l'affut derrière un fourrée. L'automne approche. Moment émouvant lorsque j'aperçois une petite boule orange, toujours à l'est, et que j'identifie comme étant Jupiter, ce que me confirmera Stellarium quelques instants plus tard. Mon envie d'astronomie me reprend.

Le lendemain, la lune, pleine et énorme, m'invite à la photographier.
La méthodologie est la suivante : le télescope pointé vers l'astre et l'objectif de l'Ipad collé à l'oculaire. J'utilise le 30mm et le 9mm  (qui a un sortie en tête d'épingle - plus facile pour bien positionner l'Ipad). Les résultats sont satisfaisants quand on considère la méthodologie employée. Les photos en fin de billet vous donneront un aperçu du résultat.
Il me tarde d'essayer avec le 30mm et une Lune beaucoup moins lumineuse et avec davantage de relief. Le premier quartier sera à cet égard tout à fait indiqué.

La rosée se fait plus prégnante et constituera un véritable problème. Le chercheur finira complètement trempé.

Les quelques nuages sont loin de constituer un obstacle majeur à l'observation, et je décide d'inviter quelques amis. Le temps que Rémi arrive et la voute céleste baigne dans une mer duveteuse. Certes le spectacle de la couche nuageuse est ravissant, avec la lumière renvoyée par l'astre lunaire, mais ce n'est pas forcément ce que l'on désire lorsque l'on est astronome.

Récapitulons : pieds trempés par l'humidité qui remonte du sol, chercheur dégoulinant de rosée et ne laissant rien entrevoir, masse nuageuse opaque tombant du ciel.

Qu'avons-nous vu durant cette soirée? Pas énormément de choses à vrai dire. Mais le final fut attractif.

Sans être magnifique, le spectacle offert par la Lune fut agréable en 30 et surtout 17mm, avec parfois quelques oiseaux se plaçant entre l'astre et le télescope. Cette image m'a fait penser à ET, blotti dans le panier à l'avant du vélo d'Eliott. Le 8mm ne m'a pas donné une image satisfaisante. J'ai pu ressortir mon filtre polarisant variable. Celui-ci est au coulant 1'25, ce qui m'empêche de le visser sur mon 30mm, oculaire le plus lumineux de ma gamme. Durant un court instant, nous perdrons l'usage d'un œil.

La nébuleuse planétaire de l'Anneau (M57) nous a laissé entrevoir ses charmes. Point minuscule au 30mm, mes yeux sont suffisamment aguerris pour reconnaitre la nébuleuse. Je monte en grossissement (150x) mais le cercle est encore bien petit. J'attends avec impatience mon oculaire de 4,7mm (266x).

Les Pléiades (M45) sont relativement hautes dans le ciel. Bien que le spectacle est, d'après moi, moins saisissant qu'aux jumelles, il a le mérite d'allonger le nombre, dérisoire, d'objets observés.

Quelle blague cette soirée! Les nuages semblent comme être attirés par nos regards : il suffit que l'on commence à s'intéresser à une portion dégagée du ciel pour qu'en quelques secondes cette partie se couvre de nuages.

Après de longues minutes d'attente, ponctuées d'informations astronomiques et d'anecdotes sanglantes, Jupiter daigne enfin se lever, entre deux maisons. Sa position nécessite que je déplace le télescope, et c'est sur la route que je l'installe. Le bitume est plus confortable que la pelouse, même si de petits graviers viennent blesser nos genoux. Des nappes de nuages et la position de la planète, basse sur l'horizon, ne rend pas le spectacle inoubliable. Les quatre satellites galiléens de Jupiter (Io, Europe, Ganymède et Callisto) apparaissent dans l'oculaire. Deux bandes sombres se détachent  sur le fond blanc du globe. Nous ne parviendrons malheureusement pas à apercevoir la fameuse grande tache rouge.

A droite se trouve Orion. Sous la ceinture je vise, à l'aveuglette, un objet très connu. La Nébuleuse d'Orion (M42) apparaît sous la forme de trois étoiles, et ce quel que soit le grossissement. Ce premier contact laisse espérer de belles soirées hivernales.

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Photos de la Lune prise avec mon Dobson 254/1250 et un Ipad collé à l'oculaire, respectivement 30 et 9 mm.