Après de longs mois (13 au total) passé dans l’obscurité la plus totale, seul, confiné dans son sac de protection, attentif au moindre bruit, au moindre murmure annonciateur d’une future délivrance, l’Elu a enfin pu retrouver ses compagnes nocturnes.

Les raisons de cet isolement sont diverses (j’ai déjà évoqué mon problème d’alignement des optiques qui a provoqué chez moi un découragement visible, le poids et l’encombrement de l’appareil sont des points à ne pas négliger non plus, ainsi que l’obligation de se lever tôt le matin pour s’occuper des petits, et surtout l’aboutissement progressif de mes projets ludiques m’ont tenu à l’écart de la chose astronomique.

L’hiver a vu se succéder pluie et nuages, alors que le ciel est magnifique depuis quelques jours. Les enfants étant absents et l’un des jeux étant en précommande*, je me décide à sortir mon ami et à renouer le lien que j’avais brisé entre lui et ses maitresses les étoiles.

Mon plan de vol s’établit de la façon suivante : Hydre, Lion, Chevelure de Bérénice et Vierge.

Ma maison étant depuis peu dotée d’une terrasse plus large, je m’installe confortablement, ayant à ma disposition tout le nécessaire pour disposer mon matériel. La chaleur me saute au visage. La nuit s’annonce belle.

Je commence par une étoile très brillante, que je reconnaitrai plus tard comme étant Vénus. L’image est vraiment de piètre qualité, ce qui pourrait en dégouter plus d’un. Mon télescope venant d’être sorti, je me dis qu’il n’a pas eu le temps de se mettre à température, et je décide donc de persévérer.

Mes yeux se porteront ensuite sur M42, qui s’avère être toujours aussi magnifique et sur Jupiter. Je remarque que Jupiter, dans l’oculaire 4,7mm (les autres renvoient une image beaucoup trop brillante, à vous faire perdre la vision), est plus belle lorsque l’on s’éloigne un peu de l’oculaire. Les bandes équatoriales se détachent facilement tandis que les régions polaires sont bien visibles. J’aperçois Io et Europe à droite de la planète. Callisto est peut-être visible un peu plus loin, mais les reflets générés par l’oculaire (problème que j’avais déjà évoqué dans un billet précédent) rendent cette identification difficile. Ganymède, quant à elle, caresse le bord du disque de la planète géante.

Comme je l’ai indiqué plus haut, je m’étais promis de visiter certaines constellations, l’objectif étant de contempler des galaxies (je pense notamment aux groupes M84/M86 et M98/M99/M101. En traçant une ligne Arcturus du Bouvier et Denebola du Lion et en remontant la tête, j’aperçus un groupement d’étoiles et je pointais mon télescope dans cette direction. Je dois avouer que j’ai navigué à l’oculaire, apercevant des taches nébuleuses. Il ne fait aucun doute que j’étais parmi des galaxies. Je ne parvenais cependant pas à les identifier, malgré de longs efforts. C’est là que l’on apprécierait d’avoir un système de style Go-To ! Mais bon, faisons contre mauvaise fortune bon cœur : si je n’ai pas coché de galaxie en y ajoutant la mention « vue », la ballade fut fort plaisante.

Cette soirée m’aura surtout permis de réacquérir certains automatismes. Rapidement, je me suis rendu compte que les soirées ne s’improvisaient pas, surtout si l’on voulait s’émerveiller devant des objets que l’on n’avait pas encore observés jusqu’alors, et qu’un plan de route établi à l’avance est souvent primordial. Pour résumer : une soirée positive, qui en appelle beaucoup d’autres !

Le seul bémol reste, encore et toujours, ces satanés lampadaires qui m'éblouissent plus que soleil en été. Mais je me vengerai un jour, je me vengerai !!

* http://www.ludifolie.com/produit.php?ref=no-man-s-land-fr

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