Les nuages s’étant soudainement retirés du ciel devenu bleu et adoptant une jolie teinte orangée, je décidai de préparer une soirée astronomie. L’objectif que je me fixai était la découverte du pôle céleste et une petite incursion autour de la Chevelure de Bérénice, qui m’avait donné du fil à retordre la dernière fois.

 Sans plus attendre, je pointai mon télescope sur Jupiter, histoire de régler au mieux le chercheur. J’en profitai également pour montrer le spectacle à ma femme qui en profita pour me demander si la présence des deux bandes centrales était normale. Un petit tour pour lui montrer une image trouvé dans un livre et la soirée pouvait commencer. 

 La première étape était Polaris, l’Etoile Polaire. Je ne suis pas amateur des étoiles doubles, mais cette observation ayant été préconisée par le Guide du Ciel Nocturne, je me devais de l’effectuer. Au moins pour la cocher sur mon fichier Excel recensant les objets à visiter.

Polaris est l’étoile la plus brillante de la constellation de la Petite Ourse. Comme chacun le sait, elle indique le nord céleste. On peut facilement la retrouver en prolongeant la ligne formée par les deux étoiles Merak et Dubhe qui constituent le bord de la Grande Casserole. 

Grâce à la précision du réglage de mon chercheur, je trouvai sans peine Polaris. Le 17mm me laissa voir un point assez gros, à côté duquel se tenait un plus petit. Ce joli petit couple, un père et son fils, disparait totalement lorsque l’on revient au 30mm, les deux étoiles étant visuellement trop proches.

Je profitai de l’occasion pour tenter d’apercevoir NGC188, l’un des amas ouverts les plus anciens de la Voie Lactée. Mais ne sachant pas trop ce que je cherchais au final, je passai à une autre cible plus évidente.

 Les prochaines étapes devaient être Mizar et Alcor, de la Grande Ourse et Cor Caroli, des Chiens de Chasse. Ces étoiles doubles ne pourront pas se dévoiler cette fois-ci. Situées au zénith, il m’est impossible d’en effectuer la recherche ou l’observation. Mon Dobson n’est pas conçu pour, comme je l’avais expliqué lors de l’une de mes premières sorties. 

M97, la nébuleuse (planétaire) du Hibou, et M108, une galaxie spirale, toutes deux situées dans la Grande Ourse ne pourront pas observées cette nuit, pour les mêmes raisons que celles évoquées plus haut. 

 Un peu dépité, il me restait alors à m’attaquer à la Chevelure de Bérénice. La constellation en elle-même n’est pas facile à distinguer, les trois étoiles la constituant brillant faiblement. La présence de Melotte 11, un très grand amas ouvert ne passe quant à elle pas inaperçu. Avec l’aide de Denebola du Lion, d’Arcturus du Bouvier et de la Grande Ourse, je parvins tout de même à me repérer, allongé sur ma terrasse en composite (que je n’apprécie jamais autant que quand je fais de l’astronomie).

Après beaucoup d’essai pour dénicher M98, M99 et M100, et grognant intérieurement de l’inutilité de mon Deep Sky Reiseatlas sur ce coup là, j’eus l’idée de consulter le Star Watch d’Harrington (présenté dans ce blog il y a quelques temps). Ce dernier sauva ma soirée. Son explication pour atteindre les trois objets qui se refusaient à mes yeux avides, à base de triangle et de losange est limpide (une fois que l’on a fait la gymnastique mentale induite par l’image inversée renvoyée par l’oculaire). Je pus ainsi, enfin, atteindre M98, M99 et M100 et m’offrais même le luxe de passer au 17mm sans perdre les galaxies de mon champ de vision.

M98 est facilement reconnaissable à sa forme en cigare. M99 et M100, plus large, apparaissent comme des taches dont le centre est plus brillant. La vision s’estompa trop rapidement, de la buée ayant très certianement du s’inviter à la fête.

La condensation qui se formait sur mes livres et mon télescope, ainsi que le froid qui commence à se faire plus insistant, me feront tout remballer.

 En rédigeant ce compte-rendu, je m’aperçois que j’aurais pu pousser jusqu’à M85, galaxie lenticulaire qui se trouve « au-dessus » de M100. Ce n’est que partie remise !

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