Cet été était marqué par la canicule, nous imposant des températures suffisamment élevées pour nous affranchir de tout vêtement supplémentaire.

Il y a quelques jours, je suis retourné sur le site du fabricant du laser de collimation de mes rêves et j’ai eu la mauvaise surprise de constater que son prix avait augmenté de 33%, passant à 150 euros. Le prix des lasers chinois m’a-t’on expliqué, a entrainé cette hausse. Je décidai donc de m’en passer : avec un peu de bonne volonté, je suis persuadé que je peux faire en sorte que mon cheshire me suffise.

Ce soir, mon télescope est de sorti. La zone visée sera principalement celle du Scorpion, et accessoirement le Serpent et le Sagittaire.

Un petit exercice de collimation et de réglage du chercheur sur Jupiter (pour changer) puis une petite ballade dans Etriché et sa campagne environnante - destinée à découvrir des terrains d’observation bien dégagés, ma ligne d’horizon étant bloquée tantôt par des maison tantôt par un gros arbre bien touffu - , suffiront à me faire patienter avant l’arrivée des chères étoiles.

Dans mon travail préparatoire, j’avais noté que le Scorpion serait bas sur l’horizon. Je fus (agréablement) surpris de le retrouver plus haut que prévu, reconnaissable à son étoile Antarès et aux quatre étoiles alignées  verticalement qui forment les pinces.

Je déplace mon télescope et pointe Antares. La géante m’accueille de son œil carmin. Je ne parviendrai pas à repérer son compagnon, mais j’avoue ne pas m’être attardé dessus, ni sur le cas de l’amas globulaire NGC6144 à proximité de l’étoile.

Je me lance à la recherche d’un autre amas globulaire, beaucoup plus connu et repérable, à savoir M4. Mon œil parvient rapidement à déceler une légère tache. Située entre Antares et Tau Scorpii, l’image me fait davantage penser aux galaxies que j’avais pu observer les fois précédentes. Le recours au 17mm puis au 8mm me permet de mieux apprécier le spectacle. Au 8mm, l’amas semble occuper quasiment tout le champ. Mes yeux semblent avoir du mal à faire la mise au point, mais l’impression est vraiment très bonne. L’image qui s’imprime sur ma rétine me fait penser à une photo en noir et blanc de la nébuleuse Trifide, d’ailleurs situées dans la constellation voisine du Sagittaire.

Vu la position du Scorpion, je peux d’ores et déjà oublier M6 et M7. Respectivement surnommés l’amas du papillon et l’amas de Ptolémée, ces deux objets sont considérés comme des gemmes du ciel profond. Leur position est telle que je ne pourrais pas les voir de chez moi. Il est par conséquent indubitable que ce n’est pas cette année que je pourrais achever l’observation de tous les objets du catalogue Messier.

Sans m’apitoyer sur mon sort, je continue mon exploration, en dirigeant le tube vers M80. Cet autre amas globulaire est légèrement moins aisé à situer, mais j’y parviens sans difficulté. Au 8mm, l’image est différente de celle de M4. L’amas, plus éloigné, est plus petit et compact. Je fais tester les différents grossissements à l’ami Trichouille qui vient d’arriver, et lui explique que s’il voit une tache laiteuse à faible grossissement, c’est tout simplement parce que celui-ci reste insuffisant pour bien résoudre les étoiles (c’est-à-dire séparer les étoiles pour parvenir à les distinguer les unes des autres). 

Il est maintenant temps de s’éloigner un peu. Le Sagittaire ne m’offrant que peu de points de repères, et étant peu enclin faire patienter mon invité qui a fait le trajet spécialement pour l’occasion, je décide que la prochaine cible serait M5. Il s’agit, encore et toujours, d’un amas globulaire. Situé dans la constellation du Serpent, un peu au milieu de nulle part, son repérage ne semble pas être une partie de plaisir. C’est avec une certaine nonchalance que je montre à mon auditoire comment viser un objet. Et paf ! Sous les hourras et les acclamations de mon public enivré par tant de maitrise, M5 apparait. L’image est très satisfaisante au 17mm. Mais contrairement à mon camarade, je préfère la vision que m’offre le 8mm. M5 est l’un des plus grand amas globulaire. Il me donne l’impression d’observer, du dessus et de très près, une belle galaxie spirale.

M’apercevant que tous ces objets ne retiennent que très peu l’attention du Mayennais, je pars à la recherche de Saturne. Le hasard fait bien les choses et la planète aux anneaux nous attend à droite des pinces du Scorpion. Afin de ménager un suspens pour le moins extravagant, je fais défiler toute ma panoplie d’oculaires, rapprochant insensiblement l’astre, jusqu’à obtenir, au 4.7mm, une vision superbe laissant entrevoir une belle boule jaune orangée ceinte d’un magnifique anneau. C’était la première fois que j’observais Saturne avec cet oculaire.

 Un aperçu de la jolie galaxie d’ « Andromèle » au télescope puis aux jumelles finira par clore cette soirée.

250px_M5__LRGB2_898x688

M5, amas globulaire dans le Serpent