Décidé à oublier la déconvenue de la veille, je sors mon télescope dès 19H30, histoire qu'il soit à bonne température lorsque je serai prêt à lever mon nez vers le ciel. Vers 21H, je me lance à l'assaut des étoiles et le résultat n'est guère brillant: les étoiles sont à peine visibles à l'oeil nu et le spectacle à l'oculaire est sans envergure, même la Nébuleuse d'Orion qui m'avait tant charmée auparavant. Dépité, je décide tout de même d'attendre 23H et l'extinction des lampadaires.

Je ressors à 23H. Les lampadaires s'éteignent, et le spectacle me saute au visage. Les constellations, de la Grande Ourse sur ma gauche à Orion sur ma droite, brillent avec plaisir. C'est un tout autre ciel qui s'offre alors à moi. La Lune forme un croissant relativement fin. Très brillante, elle passera heureusement derrière mon toit au bout de quelques minutes. Je remarque à l'occasion que le ciel n'est pas aussi limpide qu'il n'y paraît.

Je commence par M93, dans la constellation de la Poupe. Il s'agit d'un amas ouvert qui semble minuscule au 30mm. Je place le 17mm et le résultat est meilleur. J'aurais pu tenter le 8mm.

Etant à proximité d'Orion, je décide d'essayer le 4.7mm sur le Trapèze. Les étoiles, baignées dans une nuage d'hydrogène, ne forment pas des têtes d'épingle. Je ne pensais pas avoir accès à ce genre d'image avec un oculaire avec une focale si courte.

M48, amas ouvert dans la Licorne, m'attend. Au 30mm, l'amas m'apparaît comme un scarabée avec ses deux grosses pinces et qui porterait une ceinture formée par trois étoiles.

Ne l'ayant pas trouvé la dernière fois, je décide de me lancer à la recherche de M104, la Galaxie du Sombrero, située dans la constellation de la Vierge. J'utilise le 17mm. J'abuse de la vision décalée pour profiter au mieux du spectacle. Je reste quelques minutes sur l'objet qui ressemble à une griffure à cause de la bande noire qui le caractérise.

Mars et Jupiter sont deux cibles de choix et je ne manque pas de sortir mon 4.7mm. Mars, basse sur l'horizon, est très brillante. J'éprouve quelques difficultés à obtenir une mise au point satisfaisante. Pareil pour Jupiter, au zénith, dont la lumière qu'il me renvoie me transperce l'oeil. La géante gazeuse m'apparaît parfois sans texture, parfois avec de jolies bandes orangées texturées. Je tente la vision décalée, cligne des yeux et me les humidifie de façon à tenter d'optimiser mon observation.

Levant les yeux entre le Bouvier et le Lion, j'avais aperçu un fouillis d'étoiles. Une vérification ultérieure m'indiquera que je me trouve dans la constellation de la Chevelure de Bérénice. J'ai devant les yeux un amas ouvert, identifié sous le code Mel111. Cet objet étendu serait beaucoup plus agréable à observer aux jumelles qu'au télescope. Me promenant au hasard dans ce champ semé de dizaines et de dizaines de fleurs, je tombe sur une nébulosité. Puis une autre. Il semble s'agir de NGC4559, jolie petite galaxie spirale, et de NGC4565, qui est comme un trait de crayon gris dans le ciel. Il me semble également avoir vu NGC4725, bien que cela reste à confirmer. De toute façon, je reviendrai rendre visite à Bérenice lors d'une prochaine soirée.

Mel111 me sert de point de repère pour trouver M64, que je ne trouverai pas, malgré de longues recherches. Néanmoins, je tombe sur M53, amas globulaire dans la Chevelure de Bérenice. J'utilise le 8mm et j'obtiens les meilleurs résultats en utilisant mon oeil droit.

Mais il est temps de rentrer. La vision est fatiguée. La moisson fut néanmoins très bonne, même si le ciel n'était pas optimal.

M104